Qui suis-je ?

Aurélie Sors embrassant un arbre

A l'âge de environ 14 ans, j'ai vécu ma première expérience de ce que j'appelle une "désidentification du personnage".

J'étais seule dans l'appartement familial en soirée et je regardais la télévision lorsque m'est venue l'envie d'aller chercher quelque chose dans ma chambre. En y allant, je ne pris pas la précaution d'allumer les lumières sur mon chemin et l'instant d'après, je me trouvais assise au sol et immobile.

Je perçus alors la consistance illusoire du personnage en visualisant son corps comme s'il était encore dans le canapé du salon, tel qu'il y était quelques minutes auparavant.

Cet événement n'a duré que quelques minutes mais a été pour moi fondamental sur mon chemin de reconsidération de qui je suis.

Ce souvenir m'est revenu avec beaucoup de clarté lorsqu'en 2019 j'ai lu l’expérience de Ramana Maharshi, dans son ashram à Tiruvannamalai.

Succinctement, cela parle de son expérience de perception de la mort de son corps, et de la désidentification à son corps; expérience déterminante qui lui fit vivre le chemin que fût le sien, enseignant dans la tradition de la non-dualité, centré sur la notion du Soi et sur la question « Qui suis-je ? ».

Ayant toujours été fortement appelée par les expériences de dépouillement et de dissolution des couches superficielles fabriquées par notre personnage, les pratiques chamaniques ont également été des espaces qui répondaient à mes envies d'explorations.​

De là est venu mon lien avec le tambour. 

J'ai passé de nombreuses heures dans la Nature, avec mon premier tambour, à parler aux arbres, à caresser les fleurs, à observer les insectes, à me laisser bercer par le chant des oiseaux, à me baigner dans les rivières et à m'allonger dans la terre.

 

Cela a duré deux années, deux années de retour à la maison.

Puis, lors d'une cérémonie Temazcal, un grand feu a brisé deux liens faits de peau de ce premier tambour.

tambour chamanique

Un deuxième tambour a vu le jour au bord du lac de Cécélès et c'est celui qui m'accompagne aujourd'hui dans les séances thérapeutiques que je propose.

J'ai cette sensation que nous grandissons ensemble, qu'il m'initie à des chants, des chants de la terre, parfois du feu, de plantes ou d'animaux, et qu'il est le garant de mon cheminement vers la parole juste et humble.

Alors, je me laisse traverser par son enseignement avec beaucoup de gratitude et j'ai une grande joie de pouvoir le partager.